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TROISIÈME SOMMET RUSSIE-AFRIQUE : Assimi GOITA en première ligne du nouvel ordre mondial

C’est un voyage à forte charge symbolique qu’a effectué le Général d’armée Assimi Goïta en Fédération de Russie. La présence du président malien au 3ᵉ sommet Russie-Afrique matérialise la rupture définitive avec l’ordre ancien et consolide l’axe Bamako-Moscou. Entre la quête de solutions sécuritaires endogènes pour l’AES et la promesse de partenariats économiques libérés des diktats occidentaux, retour sur les véritables enjeux d’un sommet qui redessine les cartes du continent.

Le tapis rouge de l’aéroport international de Vnoukovo a vu fouler, lundi dernier (26 octobre 2026), un invité particulièrement attendu. Le président de la Transition du Mali, le Général d’armée Assimi Goïta, est arrivé à Moscou pour participer au 3ᵉ sommet Russie-Afrique prévu les 28 et 29 octobre 2026. Accueilli avec les plus hauts honneurs protocolaires par les autorités russes et une diaspora malienne en liesse, le chef de l’État malien est attendu pour jouer un rôle central à ce rendez-vous multilatéral. Au-delà du faste diplomatique, cette visite et ce sommet incarnent une reconfiguration profonde des équilibres géopolitiques globaux.

En effet, selon des experts en géopolitique, la participation du Général d’armée Assimi Goïta à ce troisième sommet ne relève pas de « la simple routine diplomatique ». Elle revêt une charge symbolique hautement stratégique. Pour Bamako, s’afficher aux côtés de Vladimir Poutine à Moscou est la démonstration éclatante d’une souveraineté retrouvée et pleinement assumée. En choisissant ses partenaires sans diktat extérieur, le Mali de la Transition envoie un message clair au reste du monde : l’ère de la chasse gardée post-colonialiste est définitivement révolue ! La rencontre bilatérale programmée entre les deux chefs d’État scelle une alliance de confiance, fondée sur le respect mutuel et l’égalité stricte entre nations partenaires, loin des conditionnalités politiques traditionnelles.

Ce 3ᵉ sommet Russie-Afrique se tient dans un contexte international marqué par une polarisation extrême et une transition vers un monde multipolaire. Face aux pressions et aux sanctions occidentales, la Fédération de Russie démontre qu’elle est loin d’être isolée. En réunissant près d’une centaine de délégations africaines et une vingtaine de chefs d’État, Moscou valide sa doctrine de politique étrangère réorientée vers les pays du « Sud global ».

Pour les Russes, l’Afrique est un partenaire géostratégique indispensable pour briser l’hégémonie occidentale. Pour les nations africaines, ce partenariat offre une alternative de poids dans le grand jeu des relations internationales, transformant le continent d’objet d’influence en acteur décisif du système mondial.

Des enjeux cruciaux pour le Mali et le continent africain

Les discussions de Moscou portent sur des dossiers vitaux pour l’avenir du continent, avec des articulations spécifiques pour la région sahélienne. Pour le Mali et ses voisins de la Confédération des États du Sahel (AES), la coopération militaire avec Moscou reste aujourd’hui une priorité absolue. En effet, face à la menace terroriste, l’accès aux équipements russes et le partage de renseignements constituent le pilier de la reconquête territoriale indispensable à la réaffirmation d’une souveraineté ardemment souhaitée par les peuples du Sahel.

De nos jours, l’Afrique cherche à transformer ses matières premières sur place afin de créer de la valeur ajoutée indispensable à sa croissance économique et de faire face aux défis liés à une démographie galopante. Les technologies civiles russes, notamment dans le nucléaire civil et le développement des infrastructures énergétiques, sont au cœur des attentes pour pallier le déficit d’électricité. Les discussions sur l’approvisionnement stable en engrais et en céréales russes revêtent aussi un caractère d’urgence pour garantir la résilience des économies africaines face aux crises climatiques et logistiques. L’enjeu est également d’échapper à la domination du dollar en développant des mécanismes financiers et des canaux bancaires directs entre la Russie et l’Afrique.

Des promesses aux réalités conséquentes

Pour mesurer la portée de ce 3ᵉ sommet, il convient d’observer les retombées concrètes des éditions de Sotchi (2019) et de Saint-Pétersbourg (2023). Pour notre pays, le bilan est substantiel. Les précédents accords ont contribué à une montée en puissance historique des Forces armées maliennes (FAMa), grâce à la livraison massive de vecteurs aériens, de blindés et de systèmes de surveillance de dernière génération. Sur le plan humanitaire et économique, le Mali a bénéficié de livraisons directes de blé et d’intrants agricoles, stabilisant les prix sur les marchés locaux en période de crise. De plus, des accords ont été initiés pour l’exploration géologique et la modernisation des infrastructures de transport.

À l’échelle de l’Afrique, les sommets précédents ont favorisé une hausse constante du commerce bilatéral, bien que des efforts restent à faire pour équilibrer la balance commerciale. Des milliers de bourses d’études ont été octroyées aux étudiants africains et la Russie a effacé des dizaines de milliards de dollars de dettes historiques pour alléger les budgets des États.

Ce troisième sommet à Moscou ne sera donc pas celui des déclarations d’intention, mais celui de la consolidation et de l’accélération. En se positionnant comme un interlocuteur privilégié du Kremlin, le Général d’armée Assimi Goïta porte haut la voix d’un Mali debout et d’une Afrique bien décidée à écrire sa propre histoire.

Moussa Bolly

LES CHIFFRES-CLÉS DES RELATIONS RUSSIE-AFRIQUE

Le 3e sommet Afrique-Russie enregistre la présence à Moscou de 48 pays africains représentés ; 20 chefs d’État et de gouvernement africains présents en personne. Après Sotchi 2019 et Saint-Pétersbourg 2023, la 3e édition de la grande rencontre multilatérale ouvre l’horizon du nouveau plan d’action commun adopté (2027–2029).

Le Partenariat Économique Global, c’est :

  • -24,5 milliards de dollars : volume cible du commerce bilatéral annuel entre la Russie et l’Afrique.
  • +18 % : croissance moyenne annuelle des échanges commerciaux russo-africains depuis 2023.
  • -20 milliards de dollars : montant total des dettes historiques des pays africains effacées par Moscou pour faciliter de nouveaux investissements.
  • -70% : part des exportations russes vers l’Afrique concentrée sur les céréales, les hydrocarbures et les engrais.

L’impact de la Coopération pour le Mali

  • -Quatre protocoles d’accord stratégiques signés depuis 2023 dans les domaines de l’énergie (nucléaire civil), des mines (exploration géologique), de la sécurité et du transport aérien.
  • -50 000 tonnes : volume cumulé d’aide humanitaire (blé et intrants agricoles) livrées directement par la Russie à Bamako pour stabiliser les marchés.
  • -35 % : hausse estimée des capacités opérationnelles des Forces armées maliennes (FAMa) grâce aux fournitures d’équipements militaires russes de dernière génération.

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ALASSANE MAIGA

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